La majorité invisible… à l’écran !

1,5% des femmes seulement font des dramatiques dans la grille horaire du printemps 2007 à la SRC

Les « Réalisatrices équitables » ont dénoncé cette injustice jeudi le 25 mai dernier devant le Comité permanent du patrimoine qui analyse en ce moment le mandat et le financement de la Société Radio-Canada / CBC. Elles ont lu leur mémoire (voir le billet “Commentaires sur la place des femmes dans notre télévision d’État”), et ont répondu aux questions des députés fédéraux Gary Shelleberger (Parti conservateur et président du comité), Diane Bourgeois (Bloc québécois), Charlie Angus (NPD) et Francis Scarpaleggia (Parti libéral du Canada).

Elles ont fait état, devant le comité, de l’écart incoyable entre les projets d’hommes et de femmes réalisés à la télé d’état et des secteurs dans lesquels les femmes sont encore majoritairement confinées. La télévision d’État, qui appartient à tous les Canadiens et toutes les Canadiennes, et qui influence grandement tout ce qui se produit au Québec, devrait montrer l’exemple et être un chef de file en matière d’égalité entre les sexes.

Elles ont demandé que notre diffuseur national, soutenu par tous les contribuables, fasse une plus grande place aux femmes réalisatrices sur les ondes et ce, autant dans les dramatiques, les longs-métrages de fiction que dans les documentaires.

Elles ont proposé de spécifier l’importance de l’égalité entre les hommes et les femmes comme une valeur fondamentale pour la société d’État. Dans le mandat de la SRC / CBC, il est en effet spécifié que la société d’État doit s’assurer de l’égalité entre les deux langues officielles, et doit rendre compte de la diversité culturelle et des régions. Où sont les femmes dans le mandat ? Les Réalisatrices Équitables ont aussi demandé que des mesures incitatives soient adoptées sans délai afin de redresser la situation actuelle.

Elles ont insisté sur l’importance d’un premier pas de la part de notre télévision d’État. En étant la première à instaurer l’équité pour les réalisatrices, la SRC / CBC donnerait le ton, et créerait ainsi un effet d’entrainement auprès des autres institutions qui financent le long métrage de fiction et le documentaire (Sodec et Téléfilm).

Un programme d’équitéà la SRC / CBC permettrait non seulement à davantage de femmes de réaliser les dramatiques à la télévision d’État, mais aussi à davantage de femmes de voir leur long-métrages financés par la Sodec et Téléfilm. Chacun sait, en effet, qu’une prévente à la télévision est un des éléments de la structure financière qui s’avère déterminant pour remporter la décision de la Sodec et de Téléfilm de financer tel ou tel projet.

La lecture de leur mémoire (bravo Marquise !) et leurs réponses aux questions des députés semble avoir été très bien reçus - un vent de fraîcheur, selon la députée bloquiste Diane Bourgeois ! Reste à voir si leurs recommendations seront adoptées ou pas lors du vote à la toute fin de cette enquête publique…

3 réponses à “La majorité invisible… à l’écran !”

  1. Paule LaRoche commente:

    Bonjour !

    Je viens de lire l’article de Qui fait Quoi sur votre passage devant le comité permanent du Patrimoine canadien. Il paraît que vous avez fait sensation et impressionné les membres du comité qui se sont montrés étonnés de la situation que nous dénonçons. Il y a de quoi être fières et fiers de vous avoir comme collègues et de si bien défendre la cause des réalisatrices équitables. On sent que le dossier
    ne fera pas lettre morte. For-mi-da-ble ! Pour paraphraser l’autre “You are the ones formi, formi, formi, formidables…”

    Paule

  2. Isabelle Hayeur commente:

    Bonjour Paule
    Merci pour tes bons mots ! Cet article dans le Qui fait quoi, est-ce qu’il est possible de l’avoir sur le net ? Si oui, à quelle adresse ? Merci !

  3. Paule LaRoche commente:

    Bonjour Isabelle,

    Je te recommande de communiquer avec Qui fait quoi ? à l’adresse suivante

    quotidien@qfq.com

    et de leur demander de t’envoyer l’article no 1 de 16 paru dans le numéro du mardi 29 mai sur Internet. Il faut être abonné mais je pense bien que dans ce cas-ci, vu qu’il est question de votre belle “prestation” devant le comité, on se fera une joie de vous le faire suivre par courriel. Sinon, communique avec Lise Lachapelle, la directrice de l’ARRQ !

    Paule

    Paule

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