L’équité : BOÎTE À IDÉES
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Les Réalisatrices Équitables ont entrepris des démarches pour rencontrer les ministres de la Culture provinciale et fédérale. Comme nous ne voulons pas arriver les mains vides mais la tête pleine de bonnes idées, nous allons bientôt organiser des ateliers sur les mesures qui permettraient un meilleur partage des fonds entre les réalisateurs et les réalisatrices. L’équité peut s’obtenir de bien des manières. Comment vous y prendriez-vous ? Quelles mesures vous apparaissent les plus logiques ? Les plus souhaitables ? Les plus urgentes ? Quelles sont vos craintes et vos espoirs ? Exprimez-vous !
2007/05/16 à 02:42
Voici une idée de mesure d’équité qui a été lancée lors d’une de nos réunions, je ne me souviens plus par qui :
“Lorsqu’on siège sur un Jury, les projets exceptionnels sont presque toujours choisis à l’unanimité, tandis que les projets qui ne sont pas à leur place sont écartés, eux aussi à l’unanimité. Ensuite, les discussions s’échauffent autour des excellents projets de qualité similaire qui restent, parmi lesquel il faut cependant choisir quelques élus. Ces projets qui ne font pas l’unanimité, ceux qui divisent les jurys et provoquent des discussions passionnées, comment les départager ? La consigne que, parmi ces projets plus difficilement rassembleurs, un nombre égal de projets d’hommes et de femmes soient choisis pourrait être donnée sans gêner pour autant les projets qui se démarquent.”
2007/05/17 à 08:42
C’est très bien, MAIS Je crois que beaucoup de personnes font déjà ça… Je pense que, vu l’écart actuel, il faut beaucoup plus que de la bonne volonté de quelques membres de jurys, pour rétablir la situation!
2007/05/17 à 10:08
Je ne suis pas certaine que tous les jurys fonctionnent ainsi. Et si nombre d’entre eux le font, et bien tant mieux ! Ça prouverait qu’il existe une véritable volonté d’équité. Mais ça relève de la bonne volonté de chacun, justement. Je suggère des recommendations qui seraient faites systématiquement, établies parmi les paramètres à respecter lors de la tenue des jurys. Mais je suis d’accord avec toi : des mesures doivent êrtre prises à tous les niveaux du développement, de la production, et de la diffusion des projets.
2007/05/19 à 10:35
Bonjour et bravo pour cette initiative.
Pour ma part, je crois qu’une étude détaillée de l’ensemble du milieu du cinéma et de ses proches parents (pub et télévision) devrait être entreprise par les institutions. Ils ne sont peut-être pas directement responsables de l’iniquité, mais il est clair qu’ils ne font rien pour y remédier. Une chose qui me vient à l’esprit, par exemple, est le critère “expérience du réalisateur”. Je crois que lors d’une demande de financement en cinéma, les expériences en télé et surtout en pub ne devraient pas être considérées. J’ai essayé à quelques reprises de travailler comme réalisatrice en publicité, or ce que plusieurs producteurs (et productrices) m’ont répondu, c’est que leurs clients ne voulaient même pas voir les démo des femmes. Les seules exceptions étaient pour celles qui venaient de faire un film à succès. Du côté de la télévision, la majorité des séries de prestige sont réalisées par des hommes qui viennent de la pub. C’est un cercle vicieux. L’expérience en pub aide les réalisateurs à travailler à la télé. La télé et la pub aident les réalisateurs à obtenir du financement pour leurs films. Comment font les femmes puisque ce chemin leur est refusé ? Pourtant, du point de vue des comités de sélection ce critère parait se justifier. L’expérience dans les domaines connexes au cinéma, semblent être une garantie quant à la solidité du candidat. De plus, il est bien clair qu’un homme qui a eu accès à des budgets confortables en télé et en pub peut présenter un démo spectaculaire, avec des images bien léchées, des effets spéciaux etc. Des choses qui ont la côte en ce moment avec la tendance “cinéma américain” que prennent les institutions. Encore là, les femmes sont désavantagées. Celles qui malgré ces embûches réussiront grâce à leur talent et leur acharnement à obtenir du financement pour leurs films, auront droit à des budgets de misère, ce qui limitera leur travail : pas de cascades, pas d’effets spéciaux, moins de jours de tournages, donc moins de plans, donc moins de possibilité au niveau du montage, des équipes réduites et payées en différée, donc généralement beaucoup plus difficile à diriger, etc. Ces films sous-financés n’obtiendront que des miettes en budget de promotion et devront rivaliser avec des œuvres qui auront eu plus du double. Et après, lorsque les réalisatrices voudront faire un autre film, on jugera leurs performances au “box office” sans tenir compte de tous ces désavantages. Je crois que la moindre des choses serait, de la part des institutions, de reconnaître ces faits. Suite à cette reconnaissance, des mesures devraient être prise. C’est pourquoi je suggère que les expériences de pub et de télé ne soient pas considérées dans les demandes en cinéma. De plus, je crois que les budgets des films soumis comme expériences devraient être mentionnés afin que les jurys en tiennent compte dans leur évaluation. Les femmes auraient plus de chances de faire des films et d’avoir droit aux mêmes budgets que leurs collègues masculins. Très vite, tous réaliseraient que le cinéma fait par des femmes, lorsqu’il bénéficie des mêmes avantages que celui des hommes, est tout aussi « performant ».
2007/06/01 à 09:09
Je pense beaucoup à cette situation depuis que vous l’avez dénoncée, j’en parle beaucoup aussi, à mes amis et amies, à des gens du milieu dans ma région, à d’autres travailleuses et travailleurs dans d’autres domaines. Mon Dieu, quel triste constat sommes-nous forcés de poser, tous et toutes, ou presque : après quatre décennies de féminisme pendant lesquelles nous avons fait d’importants acquis, nous frappons le “plafond de verre”… C’est tellement beau, au-delà de ce plafond, la réussite scintille, l’accomplissement de soi et de ses rêves clignote comme un néon sur une marquise de cinéma. Mais comment donc le briser, une fois pour toutes, ce plafond de verre et se retrouver là où nous rêvons d’aller sans trop d’écorchures ?
Ce matin, je discutais - aux aurores, croyez-moi, croyez-moi pas - avec une voisine qui est architecte paysager à la Ville d’Ottawa. Ce qu’elle me racontait m’a fait dresser les cheveux sur la tête. C’est pourtant une professionnelle qui oeuvre dans son domaine depuis plus de 20 ans et elle dit être, encore et toujours, à la merci du machisme de certains de ses supérieurs et collègues. Surtout quand elle arrive en joli costume, bien maquillée, élégante, sur un chantier !
Eille les boyzzz, la tite-madame s’en vient jouer au boss, chose, tassez-vous de d’là, han ! À 45 ans, pourtant compétente et hyper talentueuse, il lui arrive souvent de se sentir diminuée, méprisée, regardée de travers parce qu’elle exerce un métier d’homme, présumément, et qu’on ne la prend pas au sérieux, elle, “la petite madame” bardée de diplômes et d’expérience.
Vous voulez savoir ? Je crois que le problème est beaucoup plus profond qu’une question d’équité salariale et de représentation équitable. La source du problème, elle est partout autour de nous, à l’école, dans les livres, à la maison, au cinéma, au travail, dans les jouets, les pubs, le discour social. C’est subtil, c’est insidieux, c’est un ennemi presqu’invisible. Ça s’appelle la discrimination systémique.
Mine de rien, on mine le moral des filles, sans trop s’en rendre compte. Pourquoi les filles, une fois leurs études terminées, elles qui étaient pourtant en nombre égal dans les classes de cinéma, de réalisation et autres métiers de l’audiovisuel, là où elles performaient fort bien d’ailleurs, se retrouvent-elles à ne représenter que 23 % des effectifs sur les rangs de notre merveilleux monde du cinéma et de la télévision ? Et pourquoi, une fois établies, négocient-elles des contrats moins payants que les gars ?
Je n’ai aucune vraie réponse à donner, ni de solution concrète à proposer pour le moment, autres que des pistes de réflexion, des intuitions, et un peu de mon vécu aussi. À mon avis, ça commence avec la confiance en soi, pour moi en tout cas, c’est là que le bât blesse. Pendant très longtemps, malgré des nominations, des prix, des éloges, je me suis crue beaucoup moins bonne et moins compétente que mes collègues masculins, souvent plus jeunes et beaucoup moins expérimentés que moi. Mais pourquoi, bon dieu, pouquoi ??? Avant de plonger, il fallait que je vérifie et contrevérifie tout. Je ne me laissais aucune marge de manoeuvre, je ne m’accordais pas le droit à l’erreur. J’ai souvent reculé et refusé de beaux projets, pour constater, après coup, que celui qui en avait hérité à ma place était souvent un garçon fraîchement diplômé qui en connaissait 10 fois moins que moi. La différence ? Il n’avait pas peur. Il semblait sûr de lui. Solide et enthousiaste. Au-dessus de ses affaires, même.
Souvent j’ai voulu lâcher prise, abandonner ce métier que j’ai choisi il y a 20 ans, après deux carrières ben ben payantes en relations publiques puis en journalisme. Encore tout récemment, j’ai failli tout sacrer ça là, écoeurée que j’étais de si mal gagner ma vie. Puis la passion a repris le dessus et je me suis dit que c’était assez, le manque de confiance en soi, la peur qui paralyse, le courbage d’échine, les soupirs de découragement, le niaisage avec la puck. Go, Paule, go ! Je me suis dit qu’il fallait continuer de porter le flambeau, le mien d’abord, et, par ricochet, celui de mes consoeurs toujours allumées par le feu sacré.
Oui, pour les études sur le milieu du cinéma, comme le suggère Diane Gagnon, oui pour les jurys revisités comme le suggère Isabelle Hayeur, oui et oui et oui. Mais je crois sincèrement qu’il faut aussi essayer d’aller comprendre loin, au plus profond de l’éternel féminin, ici, maintenant, dans notre société québécoise en mutation, en 2007. Retourner voir du côté des petites filles. On n’est pas sorties du bois…
Paule LaRoche
2007/06/21 à 11:48
ÇA M’ENRAGE!!!!!!!!!!!!!!
La situation du court métrage au QC fait pitié!! Ça m’enrage!
1) Fais ça court - nouvelle émission dédiée au court métrage à Télé-Québec
propose des tarifs ridicules (500$ / film par participant) pour la création et la production de court métrage. Et les droits des films ne t’appartiennent pas! Une fois de plus, on se paye du contenu à petit prix sur le dos de la relève!
Si seulement la question du droit d’auteur était réglée, peut-être que l’abus serait moindre…
2) Chômage Déguisé.
On investit, chaque année, des sommes dans la production de court (anime, xp, fiction) et personne ne diffuse les oeuvres de nos artistes (outre quelques festivals)! Le public québécois est privé de cette culture sous prétexte que ce n’est pas diffusable ou peu attrayant pour les spectateurs!
Ça m’enrage!!
Il y a des pays où des lois forcent les salles commerciales à acheter du court - l’Allemagne en est un exemple.
Qui a vu des courts à Télé-Québec ou à Radio-Canada récemment??
Qui a écouté le dernier Virgine?
Diversité culturelle bouetteuse - dans le sens de chambranlante et de bouette!