En réponse à Nathalie Petrowski
[Au micro: Judith Brès] Le 7 mars dernier, veille de la sortie de notre lettre, Mme Petrowski choisit de court-circuiter notre démarche dans un long exercice de démagogie intitulé : Cuisine rouge et caméra rose. Elle y piétine les arguments revendiqués dans notre lettre avec beaucoup de d’inconsistance et d’erreurs. Elle avait pourtant six numéros de téléphones et six adresses courriel de porte-parole pour poser les questions. On se serait fait un plaisir, toutes générations confondues (pas seulement celle du Patchouli!) de lui répondre!
Mme Petrowski questionne le sérieux de notre groupe, de notre démarche et de notre processus de recrutement des signataires. « L’histoire ne dit pas pourquoi (…) ». L’histoire aurait été limpide si elle nous avait contacté, pour s’apercevoir de la diversité générationnelle et de genre des signataires, pour apprendre comment certaines et certains n’ont pas répondu à notre proposition dans les délais mais l’ont fait par la suite; et qu’elle peut les retrouver dans la liste des signataires!
Je pense que le nombre de témoignages rendus par les réalisatrices sur le blogue et de signatures qui s’ajoutent à la lettre parlent d’eux-mêmes. Les statistiques sont sans équivoques, mais les chiffres ne sont que la pointe de l’iceberg. La discrimination s’insinue dans toutes les sphères du métier et crée des obstacles qui sont très souvent (comme c’est le propre de la discrimination) impossibles à prouver. Les statistiques permettent simplement d’identifier clairement une réalité sournoise. Mme Petrowski, qui a elle-même fait du cinéma, ne s’est-elle pas cogné le nez à ces mêmes obstacles? Sinon, c’est tout à sa chance! Pour ma part, j’ai eu la chance de trouver des financements à mes demandes (je touche du bois) mais j’ai du affronter nombres de situations difficiles dues aux préjugés entourant ma position et mon genre. Assez d’expériences désagréables pour me faire douter de ma place dans ce métier. Si je m’acharne, c’est que j’ai la tête vraiment dure!
Je ne comprends pas bien quelles étaient les intentions de Mme Petrowski dans cet éditorial, mais j’aimerais me réjouir (vraiment) de la couverture de presse qui a été en très grande majorité favorable à notre cause. Je crois que nous avons toutes les ressources et le pouvoir nécessaire pour faire changer les choses… Le vent tourne!
Judith Brès, pour les réalisatrices équitables
2007/03/12 à 12:15
Réactions?