Suite à notre lettre publiée aujourd’hui dans le Devoir
Salut à toutes les réalisatrices signataires et à nos sympathisantes (C’est Ève Lamont qui vous parle)
Plusieurs articles ont été publiés jusqu’à ce jour à partir de notre lettre qui, c’est le moins qu’on puisse dire, laisse d’aucun indifférent. La SODEC a répliqué hier par le biais des infos culturelles de la radio de Radio-Canada, arguant que la discrimination était inexistante dans l’attribution des subventions à la SODEC puisque les femmes font moins de demandes que les hommes et ont essuyé le même taux de refus que les hommes dans le programme régulier des longs métrages de fiction (où 18% des demandes seraient acceptées)….avec comme résultat qu’un film sur 12 sera réalisé par une femme. Bravo pour Léa Pool mais où sont les autres femmes, les autres réalisatrices moins connues? Parmi la liste des projets sélectionnés (que je vous envoie également ci-joint), on retrouve pourtant des noms de réalisateurs moins connus et qui feront leur premier film. Plutôt que de chercher à noyer le poisson, la SODEC aurait du s’interroger sur le fait que moins de femmes arrivent à demander des subventions en production même si cette institution n’est pas directement responsable de ce problème. Mais surtout, la SODEC aurait du considérer le fait que si moins de femmes réussissent à se rendre à cette dernière étape (après avoir réussi à se trouver un producteur, un distributeur, etc), est-ce vraiment équitable de refuser leurs projets de production tout autant que les hommes? Dans d’autres institutions où on favorise l’équité, où l’on est conscient des obstacles vécus par les femmes, et les minorités, les handicapés, on a justement mis en place des programmes pour obtenir une meilleure représentativité de ces groupes discriminés. Dans le cas des femmes, nous ne représentons pas une minorité et pourtant nous avons toujours une place très très minoritaire en tant que réalisatrice active. Disons le franchement, le milieu de la réalisation est plus réactionnaire que celui de la police qui a fait plus de progrès concernant la place des femmes (Au Québec en 2005, les femmes représentaient 19 % des agents de police comparativement à 10 % dix ans auparavant).
Concernant la procédure sur la cueillette des signatures (plusieurs se demandent à qui avons-nous demandé de signer, pourquoi un seul homme parmi les signataires?), sachez qu’elle a été rapide (avec moins d’une semaine pour récolter les signatures) et n’a pu rejoindre un grand nombre de réalisatrices (une cinquantaine seulement ont été approchées). Du côté des réalisateurs, moins d’une vingtaine ont été sollicités. Nous sommes désolées pour les personnes qui n’ont pas été recrutées et qui auraient aimé signer la lettre (plusieurs ont été décues). Depuis la publication de l’article d’Odile Tremblay dans le Devoir, les messages de solidarité et les demandes pour signer la lettre fusent de toutes parts (incluant plusieurs réalisateurs, dont Philippe Falardeau). Nous invitons toutes ces personnes, à rajouter leurs signatures sur notre blog. Puisque nous aurons à continuer les démarches auprès des institutions pour faire avancer la cause de l’équité pour les femmes, toutes ces signatures seront certainement utiles à l’appui de notre revendication. Vous pouvez inviter d’autres réalisatrices et réalisateurs à signer cette lettre sur le blog.