Un mot de Ève Lamont

Un petit message pour vous inviter à lire le Devoir de ce week-end. Une sympathique chronique d’Odile Tremblay parle de notre lettre collective demandant une plus grande équité pour les réalisatrices. En envoyant cette lettre au 3 quotidiens, nous avons demandé qu’elle soit publiée le 8 mars, pour la journée internationale des femmes. Odile Tremblay m’a confirmé que la lettre serait publiée dans Le Devoir. J’ai tenté de savoir à quelle date exactement mais n’ai pas réussi à obtenir de réponse. À surveiller donc.

Grâce à notre fabuleuse reine du blog, vous avez désormais accès aux informations concernant notre action. Et nous avons maintenant une tribune qui nous appartient! C’est un début, une mise en chantier d’un site destiné à l’expression (non censurée!) des réalisatrices, l’occasion de débattre de notre revendication à propos de l’équité (dont la formulation ne fait pas l’unanimité entre nous), de discuter de la discrimination insidieuse ou grotesque dont nous faisons toutes l’expérience un jour ou l’autre, et des embûches (et bons coups!) qui jalonnent le parcours des réalisatrices. Ce blog sera aussi une façon de faire connaître les développements sur notre action (constitution d’un comité ou d’une organisation grâce au financement, recherches pour documenter et évaluer la situation - de l’école jusqu’au métier de réalisatrice ) et parler de nos préoccupations et de nos créations sur la place publique. Ce blog pourrait aussi favoriser la mise en place d’un réseau de solidarité entre réalisatrices dont nous avons bien besoin (les gars ont bien leur « boys club » informels). Bien sûr les gars pourront s’exprimer dans la section « commentaires » et, espérons-le, serons tentés de se solidariser avec nous!

Ève Lamont

3 réponses à “Un mot de Ève Lamont”

  1. julian samuel commente:

    PLEASE POST MY COMMENT - THANKS

    Why are you not mentioning the exclusions of “visible minorities”?

    One gets the very strong impression that this open letter is for white woman.

    Julian Samuel, film-maker, Montreal

    Subject: L’absence des minorités visibles dans les institutions culturelles québécoises

    Le Devoir, 19 march, 2001

    L’absence des minorités
    visibles dans les institutions culturelles québécoises

    Julian Samuel
    Écrivain et cinéaste

    Pourquoi n’y a-t-il pas davantage de représentants des minorités visibles
    dans les postes-clés des institutions culturelles québécoises? Il n’y a
    guère de débats à ce sujet dans les médias locaux, dominés par une élite
    essentiellement de race blanche.
    Plusieurs Québécois vont protester contre les accusations de racisme en
    mentionnant les noms de Michaelle Jean, Nathalie Chung, Norman Brathwhaite,
    Gregory Charles et Dany Laferrière. Du racisme dans les institutions
    culturelles québécoises? Foutaises, diront certains. Cependant, Michaelle
    Jean et Nathalie Chung, deux animatrices du RDI, n’occupent pas des
    postes-clés au sein du réseau et leur influence est limitée sur le contenu
    de la chaîne. Elles sont d’innoffensifs électrons qui se désintègrent sous
    vos yeux. Norman Brathwhaite et Gregory Charles sont des amuseurs qui
    illustrent un pluralisme creux.
    Les comparaisons internationales sont pertinentes. Des journalistes
    appartenant à des minorités visibles animent des émissions sur les chaînes
    britanniques dans lesquelles le gouvernement sur des sujets comme le
    racisme en Angleterre. Le journaliste Darcus Howe, et les cinéastes John
    Akomfrah et Tariq Ali font partie de ce groupe. La comédie satirique
    Goodness Gracious Me est une critique acerbe du racisme. Rien de tel ici,
    et ce n’est pas faute de talent.
    Quel est l’avantage d’avoir des représentants des minorités dans des postes
    de décision? N’y a-t-il pas un risque que rien ne change? Le bilan
    canadien n’est guère réjouissant. Mais s’il y a un risque que les
    représentants des minorités visibles se conforment aux habitudes de la
    maison, il y a tout de même une chance que surgisse dans l’espace public
    des éléments d’une culture politique plus diverse. L’Europe est avance sur
    nous à cet égard. Le risque vaut mieux que le conservatisme culturel dans
    lequel se complaisent les élites blanches (qui protègent leurs emplois bec
    et ongles).
    Montréal est une société multiraciale et polyglotte (17% de la population
    n’est ni anglophone de race blanche ni francophone de race blanche), mais
    les institutions culturelles suivantes restent blanches au niveau de la
    direction.
    - CBC-radio de langue anglaise : une seule personne appartenant aux
    minorités visibles sur sept postes-clés au Québec.
    - Radio-Canada : sur 512 directeurs et gérants, 14 appartiennent à des
    minorités visibles (2,73%)
    - Cinémathèque québécoise : la programmation est décidée par six hommes
    blancs. L’institution ne compte qu’un seul technicien de race noire.
    - Les hebdomadaires culturels Hour, Voir, ICI et Montreal Mirror comptent
    chacun entre quatre et six postes clés dont aucun n’est occupé par des
    minorités visibles.
    - Le Conseil des arts et des lettres du Québec ne compte aucun membre des
    minorités visibles dans son personnel et à la direction.
    - Ex-Centris : un poste-clé sur six est occupé par une personne issue des
    minorités visibles.
    - Le Musée des Beaux-Arts de Montréal : tous les postes importants sont
    occupés par des blancs.
    - L’Office national du film du Canada : 12 des 127 employés appartiennent à
    des minorités visibles (9,4%)
    - La Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) : Cet
    important bailleur de fonds ne compte aucun représentant des minorités
    visibles aux sept postes les plus importants. L’organisme compte trois
    employés provenant de minorités visibles parmi ses 102 employés.
    - Téléfilm Canada : Aucun des sept directeurs de services n’appartiennent à
    des minorités visibles et seulement quatre des 135 employés de l’organisme
    en sont.
    Pourquoi cette absence de représentants des minorités visibles n’est-elle
    jamais discutée au sein des médias? Au Québec, les décideurs dans la
    plupart des médias sont blancs. Des Noirs apparaissent sur les pages
    couvertures des médias alternatifs hebdomadaires s’ils sont rappeurs, mais
    on retrouve dans nos médias très peu de reportages sur le racisme dans les
    institutions culturelles.
    L’exclusion des minorités des postes-clés dans les institutions culturelles
    s’explique par le désir tribal de réserver les meilleurs emplois aux
    membres de l’élite blanche, aux amis et aux membres de la famille. En
    incluant des représentants talentueux et critiques des minorités visibles
    (pas des «token»), le Québec pourrait produire une culture plurinationale
    stimulante et raffinée.
    Bien sûr, les points de vue présentés actuellement dans les films, les
    romans, les artes plastiques pourrait changer radicalement. Ce changement
    est justement ce que les élites ne veulent pas. Si les choses devaient se
    dérouler avec plus d’équité, ces élites verraient leur accès actuel à des
    fonds et à des emplois être considérablement restreint. Dans d’autres pays,
    des membres des minorités visibles ont produit des oeuvres
    cinématographiques et romanesques exemplaires.
    La culture québécoise serait irréversiblement transformée si les créateurs
    des minorités visibles avaient accès à des postes de commande dans les
    institutions culturelles. Avec le statu quo, seul le Québec blanc profite
    de la situation; l’exclusion des minorités va produire de l’amertume et de
    la stagnation.
    -30-

  2. Yannick B. Gélinas commente:

    Monsieur Samuel:
    Cette lettre ouverte touche les femmes, et de toutes les cultures. Il est vrai que ce combat s’occupe de la cause de la sous-représentation des femmes, mais je suis d’accord et je supporte complètement votre point sur la sous-représentation des minorités tous sexes confondus. J’espère que ce combat pour l’équité des femmes réalisatrices inspirera toutes les minorités à se battre pour plus d’égalité dans notre société. Votre point souligne à quel point notre société à du chemin à faire avant d’atteindre la réelle égalité pour tous et toutes à laquelle elle prétend. Bonne chance et revenez partagez vos opinions ici! De tels commentaires enrichissent et élargissent le débat.
    Yannick B. G.

  3. admin commente:

    Réponse de l’ONF:

    Premièrement, il n’y a pas 127 employés à l’ONF à travers le Canada, mais bien 470 au total. Même si tu veux seulement le nombre d’employés au bureau de Montréal, ce dernier est beaucoup plus élevé que 127.

    Si tu as besoin des statistiques pour l’ensemble des employés de l’ONF, il y a au total 46 personnes qui appartiennent aux minorités visibles, soit 9.8% des 470 employés. Pour le bureau de Montréal, je n’ai que le chiffre pour la province de Québec, mais je n’ai qu’a connaître le nombre d’employés du bureau de Québec et si une de ses personnes fait partie d’une minorité visible pour te donner le nombre exact.

    Sylvie Germain
    Analyste principale / Senior Analyst
    Office national du film du Canada / National film board of Canada

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Les réalisatrices lèvent le ton. Lumière sur un scandale: l’équité n’est toujours pas une réalité dans notre société!