Un mot de Marquise Lepage
Bien sûr, comme toujours, des chiffres en apportent d’autres et je suis
sûre et certaine que c’est vrai qu’il y a moins de projets de femmes qui finissent par se retrouver à Téléfilm et à la Sodec… C’est aussi là très inquiétant…
Mais, j’ai été prof de cinéma dans deux universités et “marraine” à l’INIS et j’ai vu autant de filles vouloir devenir réalisatrices que de gars réalisateurs…
Pourquoi leurs projets n’arrivent pas jusqu’au bout? Il y a sans doute plusieurs raisons: La principale selon moi: Trop d’intermédiaires (producteurs, diffuseurs, distributeurs, comité de lecture, etc).
Les chiffres de projets déposés aux institutions ne donneront malheureusement pas l’heure juste sur les projets de filles qui dorment ailleurs et qui n’ont pas trouvé preneurs pour toutes sortes d’autres
raisons ( y compris sans doute le manque de guts de “gars” qu’on demande souvent aux filles)!
Avant à la STM, il n’y avait aucune femme chauffeur, Personne n’a osé dire qu’elles manquaient de guts ou seraient moins bonnes.. Mais, on justifiait leur absence en disant qu’elles ne postulaient pas aux postes…
Quand il y a eu des mesures incitatives ( et même de la formation) pour les femmes le portrait a changé complètement… Et a ce que je sache il n’y a pas eu plus d’accidents d’autobus ou de métro depuis!!!
C’est ce qui se passe sur les conseils d’administration actuellement, la situation va changer énormément parce qu’on a osé “obliger” les organismes à suivre des normes minimales en équité. Avant qu’il y ait des règles, on disait toujours qu’on ne trouvait pas assez de femmes compétentes…
Maintenant, plusieurs candidates ultra compétentes semblent par “miracle” être apparues.
Bref, même si la rencontre avec Coline Serreau était pour moi comme pour Ghislaine, motivée d’abord par d’autres raisons, le constat que j’ai découvert ce jour-là: qu’en 20 ans, les femmes en cinéma avaient perdu des plumes m’a fortement ébranlée.
Je ne sais pas ce qui s’est passé hier à la rencontre, parce que je soigne une blessure, mais je suis convaincue qu’il faut qu’on trouve non seulement pourquoi il y a si peu d’acceptées, à Téléfilm et à la Sodec, mais aussi pourquoi si peu de projets de femmes réussissent à se retrouver à la fin
de la course à obstacles… Une fois qu’on comprendra pourquoi… On trouvera sûrement moyen de faire en sorte que plusieurs femmes réalisatrices sortent de l’ombre…
Marquise